Au pays des vieux hippies!
Baños, Equateur, 18 septembre 2016
Par Philippe
Ça fait déjà 2 semaines qu'on a quitté le Pérou, après y avoir passé presque 2 mois et demi. Après notre long périple en bateau sur le fleuve Amazone, on a mis le pied à terre à Iquitos, la plus grande ville au monde qui n'est pas atteignable par une route. Premier constat: il fait chaud en titi en Amazonie! Iquitos (environ 400 000 habitants), ça fait vraiment atmosphère de jungle au bout du monde. Une chaleur étouffante, plein de maisons sur pilotis (signe que ça inonde sérieusement pendant la saison des pluies), un immense marché boueux et très nauséabond sur la rue, où on vend tout ce qu'on nous dit de ne pas acheter (viande de crocodile, de tortue et poissons en voie de disparition, oeufs de tortue, etc.), et aussi plein de vieux bâtiments coloniaux et bourgeois, signe que, pendant les belles années du boom du caoutchouc, Iquitos a déjà été une des villes les plus prospères de la planète, la "Fort McMurray" du sud.
On a passé 4 jours à Iquitos, occupés principalement à récupérer de notre "croisière", se baigner, manger du poisson et marcher dans les rues de la ville. Faute de faire un safari dans la jungle (un peu au-dessus de nos moyens), on a aussi visité un zoo où on a pu voir plein d'animaux en guise de consolation.
Pour quitter Iquitos, la route n'était toujours pas construite et le souvenir du périple en bateau encore trop frais à notre esprit. On a donc opté pour prendre l'avion jusqu'à Tarapoto (1 heure, vs 3 jours en bateau...). Le vol au-dessus de l'Amazonie aurait été magnifique, si seulement on avait pu le faire de jour...dommage.
De Tarapoto, on a pris le chemin de la "run de lait" pour se rendre à la frontière de l'Équateur, c'est-à-dire la route des montagnes. D'abord un bus de 10 heures jusqu'à Jaen, puis 3 heures de plus le lendemain vers San Ignacio, pour finir par un taxi de 2 heures jusqu'à Balsa, la frontière. Là, un simple pont au-dessus de la rivière pour nous indiquer qu'on changeait de pays.
Ça nous a fait un peu de peine de quitter le Pérou, mais disons qu'avec les évènements du dernier mois, on était dû pour un changement de décor. Il n'y a pas à dire, le Pérou est un pays magnifique, surtout pour la diversité de ses paysages. Je pense qu'il faut y aller une fois dans sa vie (et non, pas juste pour Machu Picchu...il y a tellement, mais tellement plus beau que ça au Pérou!). Les moins bons points du Pérou? Je dirais....les taxis, qui sont 100 fois trop nombreux et qui harcèlent sans arrêt les gens pour les transporter (par exemple, il y a 50 000 taxis à Iquitos pour 400 000 habitants, contre 10 000 à Montréal pour 3 millions d'habitants). C'est bien simple: tu peux être arrêté à un feu rouge et en tant que piéton, attendre le feu vert pour traverser. Pendant la minute entière que tu attends, le taxi à côté de toi te klaxonne sans arrêt, te crie après, te siffle: "Taxi....taxi.....taxi.....taaaaaaaxi......taxi amigo.....". Et ce même si tu lui as dit 5 fois non. Ça devient parfois....comment dire...énervant!
L'autre moins bon côté du Pérou? Le côté "arnaqueur" et "menteur" des gens. Oui, bien sûr, le fait qu'on se soit fait voler nos choses au Pérou n'aide pas. Mais ça va plus loin que ça. Tu vas dans une boutique pour acheter un t-shirt (remplacer celui qu'on t'a volé....). Le vendeur t'en montre un, grandeur "large". Tu lui dis: "Non, ça me prend du "small" (je suis maigre maintenant!)". Il te dit: "Oui, oui", t'en amène un autre, te dit : "Celui-là est plus petit". Tu regardes l'étiquette" "large". Non, ce n'est pas une simple erreur, ils font tout le temps ça! Autre exemple: Mélina va acheter une crème hydratante à la pharmacie. Elle demande le prix à la vendeuse: 20 soles (8$). Ah non, trop cher...mais alors, la dame, voyant qu'elle ne l'achètera pas, lui dit: "Mais avec un rabais, ça coûtera 8 soles". Et en scannant sur la caisse, le prix régulier est en effet 8 soles. La différence? Elle l'aurait mis dans ses poches! Et ce n'est pas dans un petit magasin particulier, mais plutôt dans une grande chaîne de pharmacies...comment peut-on faire confiance aux gens quand des situations comme ça se produisent plusieurs fois par semaine?
Ahh...le Pérou, vraiment aigre-doux comme pays! Mais on l'aime quand même....
L'Équateur maintenant!
Dès notre entrée en Équateur, pendant le trajet de 6 heures nous menant à Vilcabamba à travers les montagnes, une chose nous a frappé: C'est tellement vert ici! Ça fait penser au Costa Rica, version Amérique du Sud. Et les comparaisons ne s'arrêtent pas là. Comme au Costa Rica, les sports d'aventure et l'écotourisme sont à l'honneur ici. Et c'est aussi beaucoup plus cher ici qu'au Pérou (2 fois plus cher). Tout est en dollars US (la devise utilisée ici) et ils ont la fâcheuse tendance de tout arrondir à "unnnnn dollar" (1$). Et comme au Costa Rica, l'Equateur est considéré comme un pays relativement prospère, sécuritaire et développé. Résultat: des milliers de retraités (majoritairement américains) parcourent le pays à la recherche de l'endroit rêvé pour écouler leurs vieux jours.
Ceci dit, ce relatif développement n'a pas que des désavantages. Les hébergements sont généralement en meilleur état, les transports plus à l'heure...ne manque que l'eau potable dans le robinet!
À date, on a visité Vilcabamba, petite ville dans les montagnes, capitale du new age, des vieux ex-hippies retraités et de l'énergie méditative. Effrayés par l'odeur de patchouli persistante, on a fui vers la côte, d'abord à Montañita, capitale des "wannabe" surfers (dont on a fait partie le temps d'une journée), puis à Puerto Lopez, village plus tranquille et "vrai", et finalement le magnifique parc national Machalilla. Mais ce n'est pas la saison idéale pour la plage, c'était très gris, alors on a bifurqué vers le centre du pays, vers Baños, où on est présentement.
Baños, c'est notre endroit préféré de tout notre voyage à date. Pourquoi? Pas trop gros, pas trop petit (environ 15 000 habitants), pas trop chaud, pas trop froid (à 1800m d'altitude, à mi-chemin entre la cordillère et la jungle), soleil le matin jusqu'en milieu de journée, pluie en soirée, entouré de montagnes vertes et de cascades, au moins 4-5 bains thermaux dans ou autour de la ville (d'où le nom "Baños"), des hébergements beaucoup moins chers qu'ailleurs en Équateur, dont celui où on dort depuis 6 jours, qui est super! Un endroit pareil, j'imagine que les vieux hippies ne tarderont pas à immigrer en masse une fois que Trump les aura chassés!
Bref, on relaxe ici, mais demain, on repart dans les montagnes faire le Quilotoa loop, une randonnée de plusieurs jours semble-t-il superbe. On vous en donne des nouvelles!
Débarquement de notre bateau sur le fleuve Amazone, en arrivant à Iquitos. La passerelle n'est pas large!
À notre arrivée à Iquitos, la montée vers le port "aménagée" par la compagnie de transport...
Port d'Iquitos.
Port d'Iquitos.
Maisons flottantes, Fleuve Amazone.
Iquitos.
Iquitos.
Frontière La Balsa, entre le Pérou et l'Équateur.
Paysages à l'entrée de l'Équateur.
À notre arrivée en Equateur, on a revu notre ami David, un Américain, à Vilcabamba.
Parc national Machalilla, Equateur.
Parc national Machalilla, Equateur.
Parc national Machalilla, Equateur.
Vue du volcan Tungurahua (5016 mètres) depuis notre auberge, Baños, Equateur.
Notre petite terrasse quasi-privée, Baños, Equateur.
Moi, mon nouveau t-shirt Whatsapp et notre souper de Bolones (spécialité locale), Baños, Equateur.
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