Les circonstances qui changent tout...

Tingo Maria, 17 août 2016

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, mais souvent, dans la vie, les circonstances entourant notre visite d'un endroit changent complètement notre perception dudit lieu, négativement ou positivement. Par exemple: vous êtes allés 2 fois à Montréal dans votre vie et chaque fois, vous avez eu de la misère à vous stationner; vous hadjïïïssez donc Mouuurial. De mon côté, pas souvent eu de voiture à Montréal, mais en revanche, j'y connais plein de bons endroits; j'aime donc Montréal. Autre exemple: vous connaissez les 2 endroits "cools" de la ville de Québec, et il y a du stationnement; vous aimez donc Québec. De mon côté, je ne connais pas d'endroits cools à Québec, et chaque fois que je vais dans cette ville, maudit que je trouve que le transport en commun est mauvais; j'aime donc moins Québec que vous.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Probablement pour m'aider à philosopher un peu sur notre situation actuelle. Il y a 3 jours, j'allais écrire que le Pérou était probablement devenu mon pays favori. Tout allait bien, on revenait d'un trek magnifique (que je vous raconterai une autre fois...). Et puis c'est arrivé. On s'est fait tout voler. Pas tout. Mais presque tout.

C'est arrivé lundi matin. Vers 6h30 am, on se dirige vers le terminal de bus de Huaraz pour se rendre à San Marcos, puis éventuellement ici, à Tingo Maria. On met nos bagages dans la soute à bagages de l'autobus, on s'assit et quelques minutes plus tard, on part. Trois heures plus tard, on arrive à San Marcos. Le trajet a été magnifique. On sort, récupère nos bagages...pas de bagages. Cette espèce de scène que je me suis imaginée mille fois dans ma tête, mais qui ne s'est jamais matérialisée, cette fois, c'est vrai. On pose des questions, rien à faire, rien à savoir, personne n'a rien vu. On reprend donc le bus en sens inverse, enragés, inquiets, frustrés, démolis...Les 3 heures de retour ont été beaucoup moins magnifiques. Et en arrivant à la station de Huaraz, on a revu la vidéo de sécurité et on a compris. On s'est fait avoir comme de vrais amateurs. Le préposé aux bagages n'en était pas un. Pendant qu'on atrendait le départ assis dans l'autobus, lui et un complice sortaient nos bagages de la soute à bagages, les mettaient dans une voiture et filaient. Ni vu, ni connu. Et comme je disais, on a presque tout perdu: vêtements, tente, sacs de couchage, matelas, réchaud, trousse de toilette, etc. Plus de 2000$ de stock... Par chance, j'ai eu la géniale idée de sortir mon appareil photo de mon sac juste avant de le donner au "préposé". Donc on a nos passeports, notre argent, la tablette, l'appareil photo, mais plus de chargeurs, ni rien d'autre.

Le reste de cette journée cauchemardesque, on l'a passée entre le poste de police et les bureaux de la compagnie de bus. Parce que c'était de notre faute, oui, mais aussi celle des employés du bus, qui ont laissé des gens sortir des bagages de la soute à bagages. Et la police péruvienne, qui ne veut définitivement pas travailler, a fortement poussé en faveur d'une entente à l'amiable, pour ne pas avoir à enquêter. Et à force de longues discussions et d'engueulades avec les emloyés de la compagnie de bus (la vidéo les montre carrément à côté des voleurs pendant qu'ils sortent nos sacs...on se demande s'ils n'étaient pas dans le coup...), on a réussi à soutirer 800$ CAD à l'entreprise, comme dédommagement. Pas si mal, mais on est au Pérou alors les choses de camping seront pratiquement impossibles à remplacer ici. On a recommencé à s'acheter du linge, un sac à dos, les chargeurs (appareil photo et tablette) et d'autres petits trucs mais ça va se reconstruire au compte-gouttes. Et on achète tout très "cheap", parce qu'on a peur de les re-perdre...

Et notre confiance en le Pérou est, malheureusement, à son plus bas. Je pense que pour un petit bout de temps, c'est inévitable. Chaque personne qu'on voit, on imagine qu'elle peut vouloir nous voler. Et c'était pire quand on était encore à Huaraz...on dévisageait tout le monde pour trouver les voleurs. Bref, il fallait vraiment qu'on parte de là. Et cette vidéo du vol, qu'on a revue.....une bonne dizaine de fois....elle est malheureusement gravée dans notre mémoire! 

Mais bon. La vie continue. Et le voyage aussi. Pour ma part, si je fais le calcul, c'est mon 22e mois passé hors du Canada depuis 15 ans. Pour Mélina, c'est presque 30 mois hors du Canada. Et pour chacun de nous, c'est la 1ère fois qu'on se fait voler en voyage. On ne le souhaite bien sûr jamais, mais ça peut arriver, surtout quand on part si longtemps. Et on va apprendre de ça. 

Il faut trouver le juste équilibre entre la paranoïa et le trop grand relâchement. 

Sur ce, dans quelques jours, on vous revient avec notre trek pré-vol.




Commentaires

  1. Oh non...tellement chiant. Bravo pour votre ténacité face à la compagnie je suis étonné que vous avez réussi à ravoir 800$!!
    J'ai tellement entendu d'histoires de vol au Pérou que je ne suis pas surpris. Bonne route! Marc

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