L'argent. Le bacon, quoi!

Ayacucho, Pérou 5 août 2016
par Mélina
Beaucoup de gens, surtout des Péruviens, nous demandent dernièrement comment on fait pour se permettre de voyager aussi longtemps. Financièrement. La question est souvent monétaire entre Latinos et Gringos, on l'a remarqué. Elle n'est pas mauvaise, cette question,  puisque je me la pose souvent aussi!
Dans le cas de Philippe, indépendant de fortune (oui, pour ceux qui se le demanderaient, ses finances sont la source de mon amour pour lui...), il lui a suffi de 5 minutes pour confirmer son aisance à voyager sans revenu pendant un an. De mon côté, ce furent plutôt 3 ans de dur labeur à tenter d'économiser chaque sou, tout en ne sachant pas si j'allais en avoir assez pour me payer un caldo de gallina (bouillon de poulet) rendue à destination!
Huit mois plus tard (ben oui, déjà!), je me gave de platées de riz-lentilles-salade-tit poulet frit chaque jour, et même que des fois je mange une crème glacée avec ça! (Oui, mon estomac a désormais la taille de l'Équateur.) Mon secret? Le travail volontaire contre logis et nourriture. C'est le système préféré de l'Amérique du Sud puisqu'il permet l'exploitation tout à fait légale du Gringo par le Latino, enfin un retour du balancier!
Donc, on vient tout juste de terminer notre 2e expérience et je vous en fais un résumé, réaliste mais en vous épargnant la majorité de notre chiâlage habituel! Paraît que vous en avez assez...Pffff!
On a passé le mois de juillet à Ollantayambo (prononcé Oh-Yan-Thaï-Tam-Bo) dans un petit Guest House tenu par 2 amies Péruviennes. Le village est situé au pied de ruines Incas et est, en soi, une ruine Inca. Et joli! On a beaucoup apprécié le décor du coin (montagnes, glaciers et vallées) et sa relative tranquillité malgré les hordes de touristes qui l'assaillent tous les après-midis. En évitant la place centrale et le marché d'artisanat, on arrivait presque à croire à un  village typique. On a profité de nos congés pour explorer le coin (vous avez lu notre blogue intitulé La bonne nouvelle TVA?!) et faire quelques petites randonnées hors des circuits touristiques. Bref, un bon endroit pour se poser.
Le travail au Guest House (dont je tairai le nom!) nous a aussi beaucoup plu! Même si souvent nous y mettions trop d'heures et d'efforts pour le mérite reçu, Philippe et moi on s'est fait un plaisir pendant le mois de servir les petits-déjeuners aux clients de l'hôtel. Un vrai déjeuner là, pas juste un pain sec et de la margarine! Café (du vrai, imaginez notre joie!), jus d'orange frais pressé, bol de fruits, yogourt, granola péruvien (fait de quinoa et maïs soufflé, un goût de Sugar Crisp!), oeufs, pain et son assortiment de tartinades. On a même fait du pain au bananes, du pain maison, des crêpes et des smoothies. Un délice! Et, une source de bonheur parce qu'on pouvait déjeuner aussi. Illégalement bien sûr. Mais bon, c'est pas avec notre 24$CAD, pour TOUS nos repas, à deux, par semaine, qu'on aurait pu se payer ça. Le Pérou c'est pas cher, mais faut pas exagérer. À part que pour manger, on a surtout aimé être en charge des matins pour les échanges avec les clients. On, surtout Philippe, moi étant plutôt tranquille le matin, a eu de belles discussions avec des gens de partout dans le monde et on a recueilli quelques courriels! Et plusieurs bons commentaires de clients, qui nous croyaient même les propriétaires!
Nos autres tâches, Philippe au lavage et moi à la réception, nous ont surtout permis de voir plusieurs, sinon toutes les facettes de la gestion d'un hôtel et de créer des systèmes pour améliorer l'efficacité du quotidien, ce qui, croyez-moi n'était pas de trop! Pas mal pour nous aussi comme expérience, puisque l'idée de se lancer en affaires dans ce secteur ne nous est pas étrangère. (À suivre dans longtemps...)
Notre travail a donc été une source de joie et d'accomplissement (oui, oui! On est positifs de même!).
Nos relations avec les propriétaires ont, par contre, été notre plus grande source de frustration. Le manque de respect de leur part, envers les employés et volontaires, leur investissement de temps et d'énergie presque nul dans leur entreprise et leur désorganisation exceptionnelle pendant notre séjour nous ont rendus, surtout moi, frustrés et quasi-colériques! Il s'en est fallu de peu pour que je ne quitte mon poste avant la fin du mandat! Je pourrais vous écrire un récit d'exemples plus aberrants les uns que les autres, mais j'utiliserai l'auto-censure pour assurer la fidélité du lectorat!
Sachez toutefois que jusqu'à la fin, les relations ont étés désastreuses. Mais on a réussi à lâcher (un peu) prise dans les derniers jours, sachant qu'on allait quitter sous peu et que rien ne ferait changer les choses. Notre rencontre avec les prochains volontaires, Fabienne et Pascal, a aussi été salutaire! Nous avons pu échanger (sur le travail bien sûr!) et ce fût agréable d'avoir des gens intéressants et interessés avec qui discuter! Pour célébrer leur arrivée et notre départ on est successivement allé manger au restaurant le plus cher d'Ollantaytambo (mon 1er steak d'Alpaca!) et goûter aux bières de la microbrasserie de Pachar, Cerveceria del Valle Sagrado. Une excellente surprise pour tous puisque leur Stout et leur IPA sont de qualité! Bref, notre départ a été plus chargé en émotions et en remerciements avec eux qu'avec nos deux patronnes!
Là, on est doucement de retour sur la route, et on planifie déjà notre prochain lieu d'esclavage, en  Équateur, chez un boucher! Les photos de bacon nous ont convaincus!! Miam, miam!















Commentaires

  1. Je suis toujours un de vos fidèle lecteur. Merci de partager votre aventure.

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