Du Chili à la Bolivie

Villa Tunari, Bolivie, 9 juin 2016
Par Philippe
Bon...ça fait tellement longtemps qu'on n'a pas écrit que je ne sais même plus par où commencer. La dernière fois, on était à...Valparaiso, au Chili, je crois. On est donc reparti de Valparaiso le 17 mai, avec nos nouveaux sacs à dos et sans nos vélos, cette fois. En à peu près 10 jours, on a fait tout ce qu'on voulait faire dans le nord du Chili...ça va tellement vite en autobus! D'abord, le superbe Parc National Campana, où on a fait 3 jours de randonnée pédestre/camping, avec entre autres une ascension de presque 2000 mètres du Cerro Campana, au-dessus des nuages! Vraiment un bel endroit, avec des montagnes un peu comme dans les Adirondacks, mais aussi des palmiers...
Ensuite, on est allé faire une dégustation au vignoble Errazuriz (très beau en passant), parce que...c'est le vin qu'on boit le plus souvent au Québec et qu'on était juste à côté du vignoble, alors on s'en serait voulu de ne pas y aller. Après, on a visité La Serena, une ville côtière du nord du Chili, puis la Vallée Elqui, célèbre pour ses observatoires d'étoiles (pour nous c'était nuageux...), et le Parc National Pan de Azucar, sur la côte Pacifique, où on était presque seuls à notre petit camping sur la plage à côté d'un village de pêcheurs, avec qui on a partagé quelques cafés...
Et finalement, pour clore notre séjour au Chili en grand, on est allé passer quelques jours dans le désert d'Atacama. Vraiment impressionnant comme endroit...si je ne me trompe pas, c'est le lieu le plus sec au monde...il n'y a JAMAIS plu! Question de bien visiter les attraits, figurez-vous donc qu'on a loué....des vélos! Ça nous a permis de nous promener à notre guise dans la 《Valle de la luna》 et d'apercevoir le désert de sel.
Dernières pensées sur le Chili
Ces deux dernières semaines en 《touristes》 nous ont un peu réconciliés avec le Chili. Et justement, je pense que c'est parce qu'on observait le pays avec nos yeux de touristes, en passant rapidement d'un attrait à l'autre, que ce pays nous a plu durant ces dernières semaines. Tout comme je crois qu'il nous a majoritairement déplu pendant nos 6 premiers mois, parce qu'on le percevait avec nos yeux de gens qui voulaient y vivre, y travailler, et pas seulement le visiter. On a compris que notre perception d'un pays varie beaucoup selon ce qu'on veut y trouver. Pour le Chili, si on y va juste avec l'idée de voir les beaux paysages, la Patagonie, Torres del Paine, le désert d'Atacama, alors on apprécie, parce que oui, c'est beau. Et on fait fi de tous les irritants, de ces gens qui nous dépassent dans les files d'attente, qui nous tiennent éveillés toute la nuit dans les campings, parce que...bof, ça fait partie de l'expérience culturelle, qu'on se dit. Mais quand on veut s'installer dans un pays, tous ces petits détails, on les remarque parce qu'on sait qu'on aura à les supporter au quotidien, pas juste durant 2 semaines comme des touristes. C'est ce qui explique qu'on n'a pas idéalisé le Chili comme la plupart des touristes qu'on a rencontrés et qu'au final, on a décidé de quitter le pays plus tôt que prévu, soit après 6 mois plutôt qu'un an.
La fuite vers la Bolivie
Juste pour nous rappeler qu'on était au Chili, un groupe de jeunes Chiliens nous a tenus éveillés durant nos dernières nuits de camping à Atacama (les Chiliens ont cette curieuse croyance que la toile de leur tente est complètement insonorisée, ce qui leur permet de crier à tue-tête une fois qu'ils sont à l'intérieur de celle-ci parce que, toujours selon eux, personne ne peut les entendre de l'extérieur...). C'en était fait, on a paqueté nos sacs à dos et on a fui vers la Bolivie. Et pas de n'importe quelle manière : par la grande porte! On a pris un tour organisé (oui messieurs dames, moi et tour organisé dans la même phrase...) de 3 jours en 4x4, qui partait de San Pedro de Atacama, au Chili, et nous emmenait jusqu'à Uyuni, en Bolivie.
D'abord, parlons du bolide. On nous avait promis un 4x4 Toyota Land Cruiser...mais on n'avait parlé ni de son âge ni de son état. En arrivant à la frontière Bolivienne, au milieu de l'altiplano, on a aperçu le Land Cruiser Bolivien en question. Il devait dater de 1990, avait le pare-brise éclaté, n'avait plus de reculons, et avait les 4 pneus plus lisses que la glace du Centre Bell! Ça augurait bien! Mais comme il ne faut pas se fier aux apparences, on est monté à bord et on ne l'a pas regretté. Je pense qu'autant pour Mélina que pour moi, ces 3 jours ont été parmi les plus spectaculaires qu'on a vécus de notre vie (oui, oui, encore plus spectaculaires que la Vallée de la Matapédia, Marielle, imagine...). D'abord, la Reserva Nacional Eduardo Avaroa, avec ses volcans, ses lagunes bleues-vertes, ses milliers de vicuñas (mélange entre une girafe et un chevreuil aux dires de Mélina...), ses flamants roses...vraiment de toute beauté. Puis, le Salar D'Uyuni, un désert de sel infini...mais le plus impressionnant, c'est de rouler durant tout ce temps à des altitudes variant de 3500m à 5000m, sur le plat, sans se rendre compte qu'on est si haut. Le seul petit bémol de ce tour? Le froid! On a dormi à 4600m d'altitude le premier soir, puis à 3600m le 2e soir, tout ça dans des hôtels (hôtels ???) non-chauffés, alors qu'il faisait près de -10 dehors...dire qu'on gelait, c'est un peu faible comme expression. Mais peu importe, si jamais vous allez dans ce coin du monde, faites ce tour-là, ça vaut vraiment la peine!
Après le tour, on a abouti à Uyuni, une petite ville far-west du bout du monde située sur les abords du Salar d'Uyuni (ils ont de la suite dans les idées, ces Boliviens!). Premier constat: maudit que c'est pas cher, la Bolivie! Notre premier hôtel nous a coûté ce que ça nous coûtait par personne au Chili, et, contrairement au Chili, c'était propre et tranquille!
Depuis notre arrivée en Bolivie il y a 10 jours environ, on a donc visité majoritairement des villes: après Uyuni, on est allé à Potosi, une ville minière à plus de 4000m d'altitude, puis à Sucre, capitale constitutionnelle du pays (et patrimoine de l'Unesco). Ensuite, on a fait une escale à Oruro, juste parce que dans le Lonely Planet, on disait: 《Oruro is dirty and crowded, the food sucks and there's not much to do outside of Carnival season》. Ça ne vous aurait pas donné le goût d'y aller, vous? Nous, oui...verdict? Les hôtels sont vraiment ordinaires, mais la bouffe est bonne, et la ville n'est pas laide du tout. En plus, l'immense marché du dimanche soir était vraiment au-delà de nos attentes. Après Oruro, on est allé à Cochabamba (oui oui, un peu à cause du nom, on est comme ça, nous...), un grosse ville où il fait chaud (finalement!!!) parce que 《juste》 à 2500m d'altitude. Si il y avait du relief sur la carte du monde, il y aurait une grosse bosse vis-à-vis de la Bolivie...c'est haut!
Et finalement, ce soir, on a décidé de venir à Villa Tunari, un village plus qu'une ville, situé dans la jungle. En presque 7 mois, c'est la première fois qu'on se retrouve dans un environnement tropical, ce qu'on imagine quand on pense 《Amérique du Sud》.
Premières impressions boliviennes
La Bolivie...c'est pas cher, je vous l'ai déjà dit? Ici, tout coûte moins de la moitié de ce que ça nous coûtait au Chili. Un hôtel pas trop pire coûte environ 20$ pour 2, l'autobus (avec sièges comme en première classe dans un avion) environ 1$ par heure de trajet...mais le pire (ou le mieux...), c'est la nourriture. On mange au resto pour 2$ chacun, et ça inclut habituellement une grosse soupe et un plat principal. Bâtard, ils font comment pour faire du profit, les Boliviens?
Bon...à part le coût de la vie, on trouve la Bolivie rafraîchissante après le Chili. C'est un pays moins 《straight》, qui a plus de personnalité. Il y a énormément d'indigènes, ils sont très colorés (leurs vêtements), donc ça met de la vie dans le paysage. Et puis il y a ces petites choses: la femme qui allaite son bébé en vous servant au restaurant, les têtes entières et les museaux de vaches à vendre au marché, la nourriture de rue partout, les gens qui roulent à 3, voir à 4 sur une moto à travers le traffic en ville, avec le bébé au milieu...bref, dans notre esprit, ça fait plus 《Amérique du Sud》que le Chili.  Et il y a des lamas partout, ça remplace les vaches du Québec. Et la langue principale ici, c'est le Quechua. Donc quand on parle aux gens et qu'ils nous répondent en espagnol, c'est leur langue seconde. Ils parlent donc plus lentement et utilisent des mots plus simples, ce qui nous facilite beaucoup la tâche.
Mais la Bolivie, c'est aussi clairement un pays en développement. Qu'est-ce qui nous fait croire ça? C'est quand on voit les policiers corrompus qui harcèlent les automobilistes non pas pour leur donner une contravention mais plutôt pour recevoir de l'argent. C'est quand voit les prêcheurs et les vendeurs de babioles entrer dans les autobus et nous 《harceler》pour qu'on achète leur produit miracle amincissant-anti-oxidant-anti-cancer. C'est quand on voit les gens qui fauchent le foin à la main dans les champs sur le bord de la route. C'est quand il n'y a pas de chauffage dans la chambre d'hôtel même si ça gèle dehors. Et c'est aussi quand, lors d'un trajet en autobus, la route est bloquée par des grévistes, et le chauffeur demande 1$ à chaque passager pour prendre un détour et éviter le barrage routier. Non, définitivement, ça, on ne verrait pas ça avec Orléans Express. Maid quand on y pense, c'est ce qui fait la beauté du voyage, non? Ahhhhh, quelle belle finale.


























































Commentaires

  1. Wow vos photos sont extraordinaires. Je suis toujours content de découvrir que vous avez écrit, ça me sort de la routine et ça me rappelle mes propres voyages. Bonne route les amis!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Les Crocs

Les circonstances qui changent tout...

Medley de février