La jungle

Copacabana, Bolivie, 21 juin 2015

Par Philippe

C'est Mark Twain, l'auteur de Tom Sawyer, qui disait un jour: "L'hiver le plus froid que j'ai vécu, c'est un été à San Francisco". C'est vrai, il fait froid en été à San Francisco, mais à mon avis, Twain n'a jamais mis les pieds en Bolivie, parce que....maudit qu'il fait frette ici! Il faisait -9 ce matin à La Paz, et -3 ici à Copacabana, sur le bord du Lac Titicaca. Je sais, je sais, vous avez vu plus froid que ça au Québec cet hiver, mais je sais pas...on dirait que dans notre tête, l'Amérique du Sud, ça rime avec "chaleur"...eh bien détrompez-vous! Ce matin, en sortant de la douche et en courant jusqu'à notre chambre, une vingtaine de mètres plus loin, les cheveux mouillés m'ont presque gelé sur la tête...c'est même pas des blagues.

Depuis notre arrivée en Bolivie il y a plus de 3 semaines, on vit...disons...des hauts et des bas en termes de température. D'abord entre le jour et la nuit, mais aussi entre les zones en altitude et les basses-terres. On a vécu entre + 35 et -10 environ. Mais comme ces changements se font parfois assez radicalement (ex. durant un trajet de bus de nuit), ça les rend plus difficiles à endurer, disons. C'est comme prendre un vol de 5 heures entre Québec et Cancun en janvier: le choc en débarquant de l'avion est assez brutal.

Mais disons-le tout de suite, on a (surtout Mélina...) un petit faible pour les endroits plus chauds de la Bolivie. On en a d'ailleurs visité quelques-uns récemment. Rurrenabaque, une petite ville sur le bord du fleuve Beni, c'était correct, mais presque un peu trop chaud. Par contre, Trinidad, une ville un peu plus grosse, dans le bassin de l'Amazone, c'était parfait. Entre 20 et 30 durant la journée, pas froid la nuit, c'est pas ça, l'Amérique du Sud? Et durant notre visite de ces endroits, on a pu voir plein d'animaux: crocodiles, tortues, flamants roses, copibaras (un genre de hamster qui a la grosseur d'un castor), un anaconda (bon, ok, en captivité, et puis?), plein de singes, et même...un banc de dauphins roses sur le bord de la route, dans un lagon, entre Trinidad et Rurrenabaque! Bref, on a vraiment été gâté durant notre séjour dans la jungle bolivienne!

La Paz, le lac Titicaca, et le retour en altitude!

Après Rurrenabaque, on a pris un autobus de 16 heures (oui, oui, 16 heures!) vers La Paz. Et ce fut tout un trajet, surtout parce que la route est très accidentée, et qu'on est même resté pris dans la bouette (en autobus) en plein milieu de la nuit! Tout le monde est descendu et les chauffeurs ont sorti les pelles...drôle de situation disons!

La Paz, on y a passé 2 jours. C'est quand même beau comme ville, dans une vallée à 3800 m d'altitude. On y a visité le plus gros marché d'Amérique du Sud (33 hectares, il paraît...on s'est un peu perdu dedans!). Mais disons qu'on avait hâte de venir voir le fameux Lac Titicaca, alors hier, on a quitté La Paz pour venir ici, à Copacabana, sur le bord du lac. C'est super beau, mais aussi hyper touristique, de loin le lieu le plus touristique qu'on a vu en Bolivie. Et il paraît que c'est pire au Pérou...ouf! Et sinon, il fait froid ici...je l'ai déjà dit?

Les gringos

Gringo: définition: mot argotique espagnol pour désigner les étrangers, le plus souvent originaires d'un pays anglophone. L'appellation "gringo" n'est pas nécessairement un mauvais mot, il devient péjoratif selon le contexte.

Bref, c'est un peu comme le mot "nègre", j'imagine. Pas nécessairement négatif en théorie, mais selon son utilisation, ça devient souvent péjoratif.

Ici, au Lac Titicaca, on est clairement des gringos, et souvent, on sent que l'appellation est un peu pas mal péjorative. Et les gens ne se gênent vraiment pas pour nous traiter de gringos. Comme cette dame hier soir au restaurant. On la salue en arrivant: "Hola!". Elle nous répond: "Hola", puis, en s'éloignant vers la cuisine, plus bas, sans nous regarder: "Gringitos" (petits gringos). Disons que, sans nous choquer, ça fait bizarre. Comme si on n'était pas les bienvenus. Je sais bien que les touristes n'amènent pas que du bon dans un pays, mais il faut bien avouer que pour des endroits comme ici, au Lac Titicaca, le tourisme, c'est une manne d'argent souvent nécessaire. Et qu'indirectement, pratiquement tous les gens de la ville ici en bénéficient. Le garagiste qui vend une auto au propriétaire d'hôtel n'aurait probablement pas vendu la voiture en question si le propriétaire de l'hôtel ne faisait pas d'argent avec les touristes.

J'ai grandi dans un village très touristique. Je ne sais pas si c'est encore comme ça aujourd'hui, mais quand j'y habitais, j'ai entendu plusieurs fois des gens parler des "osties de touristes, toujours dans les jambes sur la route..." ou des "maudits touristes qui prennent une heure à se décider au restaurant...". Aujourd'hui, quand j'y repense, ça me fait un peu grimacer, parce que oui, ces touristes ralentissent ou embourteillent un peu le train normal des choses, mais ils amènent aussi beaucoup à l'économie et à la culture de l'endroit. Bref, la prochaine fois que vous aurez envie d'insulter un touriste, pensez-y à deux fois!

Mais on aime beaucoup les Boliviens, ceci dit!
























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