Une soirée chez les Miranda-Miranda

Temuco, 12 décembre 2015
Par Philippe

Ça faisait un bout de temps qu'on avait envie que ça nous arrive...passer une soirée chez des Chiliens. Pas pour le souper gratuit, même pas pour la nuit gratuite...bon, ok, un peu quand même, mais pas juste pour ça. Non...en fait, surtout parce qu'à ce jour, on a toujours eu l'impression depuis le début de ce voyage de n'être que des touristes et de ne pas comprendre comment les Chiliens vivent. 

C'est finalement arrivé mercredi après-midi. Comme d'habitude, vers 17h30, on achevait notre journée de vélo, un peu avant la ville de Nacimiento, dans la vallée centrale. Fidèles à notre habitude, on arrête sur le bord de la route pour trouver un endroit où dormir. La technique : on demande à des gens si on pourrait mettre notre tente sur leur terrain pour la nuit. Au début, ils sont un peu hésitants, probablement à cause de ma barbe mal rasée, de notre bronzage de raton-laveur et de l'odeur de nos cuissards de vélo portés depuis 5 jours, mais ils finissent toujours par accepter. Mais cette fois, on est tombés sur Arnaldo Miranda, un chic type. Pas peu fier de rencontrer des "deportistas" (des sportifs,  des exemples pour la jeunesse chilienne, comme qu'il a dit), il n'a pas fait ni une ni deux et il a embarqué nos montures dans la boîte de son gros pick-up (pas question pour lui qu'on fasse les 6 km nous séparant de sa demeure en vélo). Il était tellement énervé au début qu'il s'est trompé de route. Mais finalement, on est arrivés chez lui, où sa "Señora" (sa femme), Margot Miranda, nous attendait. Aucun lien de parenté entre les deux, ils sont nés chacun de leur côté Miranda. Si bien que leur fille, qui était là également, se nomme Katy Miranda-Miranda. Je n'ose pas imaginer comment ses enfants se seraient appelés si elle avait elle aussi épousé un Miranda...mais bon, ça, c'est une autre histoire. 

Bref, on a eu droit à la rencontre de toute la famille, des petits-fils à l'arrière grand-mère, puis au souper (steak et salade de pommes de terres - un agréable changement de nos sempiternelles pâtes). On a aussi goûté au vin maison, et aussi, à un curieux mélange de vin et de coca-cola (très populaire ici semble-t-il....pas mauvais...mais bon), puis finalement à un dessert et du vin avec des fraises macérées. À croire qu'ils connaissaient mon goût pour la boisson! Après le souper, j'ai donné une leçon d'échecs au petit génie de la famille pendant que Mélina visitait la basse-cour, puis Arnaldo nous a rembarqués dans son pick-up pour aller nous présenter aux voisins. On se sentait comme des trophées de chasse! Mais en gros, on a passé une super soirée qu'on a terminée dans un lit douillet. Le lendemain, quand on est partis après le déjeuner, avec le pot de miel et les fruits qu'on nous avait donnés pour la route, c'était presque comme si on quittait notre famille, même si ça faisait moins de 24h qu'on les connaissait!

La mort

Ce matin,  on est arrivés à Temuco, une grande ville du centre du pays, et comme les campings sont rares dans les centre-villes, on a pris une chambre dans une petite auberge. En arrivant, j'ai donné nos vélos au propriétaire de l'endroit pour qu'il les range en sécurité dans la cour. On a échangé quelques mots, puis Mélina et moi sommes partis en ville visiter les marchés. Quand on est rentrés du marché, le propriétaire était mort. Comme ça. Une noyade à la plage cet après-midi. Il avait 27 ans seulement. Ce sont les cris de sa mère entrant dans la cuisine qui nous ont appris la nouvelle. Disons que l'ambiance de notre souper était plutôt spéciale. Et comme tout semble se dérouler très rapidement avec la mort ici, toute la famille est déjà arrivée et ils en sont aux arrangements funéraires. Ouf! On a presque l'impression que demain, quand on va se lever, le hall d'entrée sera transformé en salon funéraire...disons qu'on ne s'éternisera pas. Et comme si ce n'était pas assez terne comme ça, on annonce de la pluie cette nuit, les premières gouttes qui tomberont sur nos têtes depuis notre arrivée en sol chilien.

Les derniers jours...et la suite!

Depuis Cobquecura, on est passés par Concepcion (2ème plus grande ville du pays), puis on a tranquillement quitté la côte pacifique pour s'en venir à Temuco, en passant par des territoites très forestiers (eucalyptus), et aussi des plantations de fruits, donc en gros par Santa Juana, Nacimiento, Angol, Los Sauces, Chol Chol, puis Temuco. Si les noms deviennent de plus en plus bizarres (ex. Chol Chol), c'est qu'on est ici en territoire autochtone, les Mapuche. Au cours des prochains jours, on se dirigera vers Valdivia, puis vers Puerto Montt, d'où notre périple vers la carretera austral débutera. Bien sûr, le rythme dépendra de nos capacités physiques et de la forme de la roue arrière de mon vélo, qui, sous le poids des bagages, commence elle aussi à mourir. En espérant qu'elle tienne au moins jusqu'à Puerto Montt...à suivre!

Addenda: on a bel et bien déjeuné dans un salon funéraire ce matin; tout est prêt, ne reste que le corps à arriver cet avant-midi...ça va vite ici!








Commentaires

  1. Ça va bien. Vous commencez à participer à la vie quotidienne du pays. C'est probablement un des aspect les plus intéressant du voyage.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  3. Salut, je vais vous suivre régulièrement ! Ça doit être trippant. Je me met à votre place !
    Yvon (papa de Marc)

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  4. Les Miranda-Miranda c'est un peu comme les Buendia-Buendia dans 100 ans de solitude!!

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