Une histoire de raccourcis
Cobquecura, 6 de diciembre de 2015
par Mélina
par Mélina
Moi, je connais ça les raccourcis.
Quand j'étais plus jeune, j'allais souvent avec mon père et mes oncles (coucou Yvan et Roger!) faire de la motoneige. Ça finissait immanquablement par un passage dans un raccourci. Pas pour diminuer la distance à parcourir. Non, ç'aurait été trop simple. Plutôt pour tester "les machines", ou dans mon langage "rester pris et gosser une heure à -30 pour se déprendre".
Une fois aussi, avec mes amis (Hahiiii Sophie et Simon!) on a pris un raccourci en Gaspésie. On a fait chauffer le moteur de la Yaris sur les chemins forestiers de l'Alverne pendant des heures pour parcourir ce qui équivalait à 10 km de 132.
Cette semaine, j'ajoute un raccourci à ma liste. Boyeruca, tu resteras à jamais gravée dans mon esprit (et mes mollets!). Voici l'histoire:
On est donc partis tout bonnement après une journée de repos en bord de mer. La température était clémente pour des cyclistes (c'est-à-dire frais et nuageux) et la route agréable. On était encore tout époustouflés de la vue et des champs de production de sel, quand c'est arrivé. Le raccourci. Il n'est pas venu en surprise, on savait qu'on devrait prendre ce chemin de terre pour se rendre à notre prochaine destination. Ce qu'on ne savait pas, c'est que c'était possible de faire des routes dans cet état. Comment vous expliquer...Imaginez un sentier de VTT, non encore mieux, une pente de ski de la largeur d'une voiture, pas de celle pour débutant là!, qui monte et monte encore. Vous y êtes? Imaginez ensuite ce petit chemin sur fond de sable. Et, le soleil qui frappe la tête. Et nous, qui poussons nos bicyclettes chargées. La première section, on était encore souriant, on a même pris une photo tellement on trouvait ça incroyable de donner le nom de route à ce sentier et de le faire apparaître sur une carte. Pour le kilomètre restant, ce fût une autre histoire. Incrédulité. Désespoir. Douleurs. Pleurs. Vous croyez que j'exagère? J'aurais aimé dire que oui... Si on avait pas rencontré Juan, le technicien forestier, au sommet pour nous rassurer que le pire était derrière, on aurait sérieusement considéré rebrousser chemin par peur de revivre une expérience semblable plus loin.
Rassurez-vous, on y a survécu, et on en a vu d'autres depuis...Ici, les routes, elles sont pas faites pour les vélos. Ni pour les petites autos (petite pensée pour ma Hyundai). Des pentes d'au moins 20% (selon Philippe, moi j'estime à près de 50%, mais paraît que j'exagère!), des routes de sable, de terre, de roches, qui tournent et retournent. Difficiles à grimper, difficiles à descendre. La côte chilienne, c'est du sport.
Heureusement, il y a les vallées! Nos premières journées, de Santiago vers la vallée des vignobles (Rancagua, Santa Cruz) sont passées presque inaperçues pour nos jambes. Des kilomètres de petites routes tranquilles et valloneuses, passant près des vignobles et autres producteurs. Il y avait bien une bonne montée par journée, mais juste assez pour désencrasser notre système! Fait surprenant: Le Chili possède un réseau de pistes cyclables impressionnant, et ce en dehors des centres urbains. Notre première journée, pour vous donner une idée, on a roulé près de la moitié de nos 115 km sur une piste cyclable! C'est plus reposant que la route et moins contraignant que les trottoirs (où les vélos peuvent circuler sans gêne ici!).
En ce huitième jour sur la route, voici un aperçu de notre parcours pour ceux qui voudraient suivre à la trace:
Santiago - Doñihue (Rancagua) - Palmilla (Santa Cruz) - Pichilemu (jour 1 de repos sur la côte) - Llico - Putu - Chanco et finalement Cobquecura pour un deuxième jour de repos!
C'est MAGNIFIQUE! Vos photos sont vraiment belles. Je vous envie de pédaler au grand air (malgré les "raccourcis"), je vous embrasse de mon cubicule! AHHHHIIIIII!
RépondreSupprimerWow c'est très beau et ça démontre à quel point ce type de voyage est physique et psychologique!!
RépondreSupprimerBonne route!!
ouf! vous êtes courageux. Moi, je pense que j'aurais tiré monbecykapedale au bout de mes bras et je me serais écrasée en larmes sur la route jusqu'à ce qu'une âme charitable vienne me cueillir pour m'envoyer au recyclage. Heureusement il y a de beaux moment et de beaux paysage pour compenser. Bonne route et merci pour les photos
RépondreSupprimerWow, comme c'est beau! Oscar s'est extasié de "Wow!" et de "Oh my god!" devant vos photos, merci de les partager. Votre raccourci me rappelle une aventure de volcan en Guadeloupe, même genre de raccourci, de la bouette au lieu du sable, pas de vélos à pousser fort heureusement, mais beaucoup d'orgueil pour en venir à bout! Vous êtes hot! ...Rosalie...
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