L'Amérique Centrale profonde

Juayua, El Salvador, 24 février 2017

Par Philippe

Il y a, à mon sens, plusieurs Amériques Centrales. 

Comme il y a plusieurs New York, disons. D'abord, Times Square, Central Park, bref, Manhattan, où tous les gens vont la première fois. Mais aussi Brooklyn, Queens, Staten Island, Little Russia, et plein d'autres quartiers que les gens visitent au fur et à mesure, parfois lors de leur 2e, 3e, 5e, voir 10e visite de New York. 

Idem pour l'Amérique Centrale. La première fois, les gens vont habituellement au Costa Rica, au Guatemala, et parfois, pour l'étampe sur le passeport et les cours de plongée, ils poussent l'audace jusqu'à visiter la côte caraïbe du Honduras. La 2e fois, ils osent un peu plus...le Nicaragua, disons, ou encore le Panama ou les cayes du Belize. Et les fois subséquentes (si fois subséquentes il y a), ils y vont pour ce qui reste, les laissés pour compte: le Honduras et le Salvador. 

Laissés pour compte pour quelle raison, au juste? Disons d'abord que le Honduras se classe bon premier (ou dernier...) de tous les pays de la planète avec un taux d'homicide astronomique de 90 par 100 000 habitants (le double du Venezuela, qui se classe deuxième). Le Salvador, lui, est quatrième sur la liste, pas si mal, mais rien pour rassurer sa belle-mère. Voyez-vous, tous les membres des gangs de rues de Los Angeles qui ont été expulsés des États-Unis au début des années 2000 sont rentrés de force à la maison, soit le Salvador et le Honduras. Ça donne ce que ça donne.

Et puis aussi, ce sont 2 pays qui, comme le diraient les tourisss, n'ont pas grand chose à offrir à première vue. Au Guatemala, y'a les temples mayas, les marchés colorés et les belles villes coloniales. Au Belize, y'a la deuxième plus grande barrière de corail au monde. Au Nicaragua, y'a les plages de surf, le Lac Ometepe et les villes coloniales comme Leon et Granada. Au Panama, y'a le canal, Bocas del Toro et les îles de San Blas. Au Costa Rica, y'a ab-so-lu-ment tou-te. Au Honduras et au Salvador? Y'a rien pantoute. Le Salvador, c'est petit et surpeuplé, le Honduras, c'est sale et pollué. 

Pourtant, c'est là qu'on est actuellement, et ce depuis un mois aujourd'hui. Dans ce que j'appellerais l'Amérique Centrale pure et dure, pas polie, pas nettoyée. Et, vous l'aurez deviné, on ne déteste pas du tout, bien au contraire. Probablement, justement, parce qu'on ne s'attendait à rien. Ou plutôt, parce qu'on s'attendait au pire. Au début, dans le sud du Honduras, on s'imaginait croiser à toute heure du jour des gars avec des tatouages et des gros fusils, membres des gangs de rue. On s'imaginait se faire "taxer" dans les autobus par des bandits chaque jour ou presque. Mais non. Même à Tegucigalpa, la capitale mal-aimée du Honduras, on a décidé de passer 2 jours plutôt qu'un seul, parce qu'à notre grande surprise, on s'y sentait bien. Et pas un seul touriste en vue. Idem pour San Salvador, la capitale du Salvador que l'on a visitée la semaine dernière. 

Bon, d'accord, je n'essaierai pas de vous faire croire que c'est le paradis, ici. Oui, c'est sale. Oui, c'est bruyant. Oui, parfois, ça "craint" (comme diraient les Français), comme avant-hier soir, à Sonsonate, où on est arrivé tard et où, on l'a vite compris, il faut éviter de se promener tard (tard, ici, c'est après 18h, quand le soleil est couché). Et oui, on développe ici un sixième sens pour départager les "hôtels à putes", comme je les appelle affectueusement, des autres (au Honduras et au Salvador, la plupart des hôtels, ça se loue pour des "siestes" de 3 heures, et ce n'est ni pour faire dodo ni pour les touristes). 

Mais une fois qu'on est passé par-dessus ces petits irritants, on trouve plein de bons côtés à ces deux pays. À commencer par le fait que ça reste les deux uniques pays de l'Amérique Centrale pas encore (trop) transformés pour les touristes. Aussi, on a mangé au cours du dernier mois notre nourriture préférée du voyage (Mélina vous fera bientôt un long exposé sur les vertus des baleadas et des pupusas...). Ajoutez à cela que ce n'est vraiment pas cher, que les distances à parcourir sont vraiment courtes, qu'il y a une multitude de volcans à grimper, que les plages du Salvador sont désertes et magnifiques, et vous avez là toutes les raisons pour lesquelles on est ici depuis un mois. 

Mais comme toute bonne chose a une fin, on quitte le Salvador dans 2 jours, direction Guatemala. Il faut dire que le compte à rebours est commencé. Dans deux mois, on rentre au Québec, et d'ici là, on veut visiter le Guatemala, le Belize et un peu du sud du Mexique. Imaginez....juste deux mois! Pour certains, ce serait une éternité, mais pour nous, après 15 mois de voyage, ça semble si court! On va tenter d'en profiter!



Notre campement au sommet du Cerro Pital, à 2700m d'altitude, plus haut sommet du Salvador.


Isla del Tigre, Honduras.


Isla del Tigre, Honduras.


Isla del Tigre, Honduras. 


Isla del Tigre, Honduras.


Isla del Tigre, Honduras. 


Isla del Tigre, Honduras. 


Parque nacional MEAMBAR, Honduras. 


Plantation d'ananas, Honduras. 


Parque nacional Celaque, Honduras (plus haut sommet du Honduras).



Cerro Pital, Salvador.


Repas de poisson sur le feu, Playa Sunzal, Salvador.


Santa Ana, Salvador.


Santa Ana, Salvador.



Volcan Izalco, Salvador.


Volcan Santa Ana, Salvador. 


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