Les Crocs
Jinotega, Nicaragua, 18 janvier 2017
Par Philippe
Hier soir, j'ai mis mon manteau. Ça a l'air anodin comme ça, mais ça faisait un bon 3 semaines que je ne l'avais pas sorti de mon sac. En Amérique Centrale, il fait chaud, parce que l'altitude est plus ou moins un facteur. Sauf ici, à Jinotega, dans les montagnes. Montagnes, c'est un grand mot...c'est comme au Québec, on a la "montagne" facile: 800-900 mètres et on s'excite. D'ailleurs, il ne faisait pas si froid que ça hier soir. Juste un peu frisquet, mais rien à voir avec la Bolivie, où on parlait plutôt de 4000 à 5000 mètres.
J'ai quand même mis mon manteau, question de faire comme les locaux, pis je suis allé m'acheter 2 (3 en fait, dites-le pas à Mélina...) pointes de pizza sur la place centrale, ça aussi pour faire comme les locaux. Et ce matin, je me suis acheté un café au petit resto, encore pour faire comme les locaux. J'aurais pas dû. J'ai de la misère avec le sucre au café, comme ils le boivent ici.
Jinotega et la région aux alentours, c'est la principale zone de production de café du Nicaragua. On ne voit pas les plantations ni les entrepôts tant que ça, rien à voir avec la zona cafetera de la Colombie. Il faut dire que la Colombie se classe au 3e rang des pays producteurs, le Nicaragua, environ 15e. Mais quand même, c'est au moins facile ici de trouver du vrai café (pas instantané), et puis juste d'être dans les montagnes, ça fait du bien, après la chaleur des dernières semaines.
L'autre non moins importante caractéristique de Jinotega, c'est qu'on y trouve une quantité p-h-é-n-o-m-é-n-a-l-e de Crocs à vendre. Vous savez, ces souliers/sandales pas très beaux en caoutchouc? On en trouve des kiosques partout sur la rue: des rouges, des bleus, des mauves, des roses, des deux-couleurs, des double-épaisseurs, pour les petits et pour les grands! Et pour l'adepte fini de Crocs que je suis devenu, c'est une vraie caverne d'Alibaba. Je ne vous avais pas dit ça? J'avais un peu honte, mais ça y est, je fais mon coming out.
Ma transformation s'est effectuée au Chili. J'avais déjà mis tout ce qui me restait de fierté de côté en achetant un pot de café instantané, alors je me suis dit: "Rendu aussi bas, à quoi bon résister?". Et je me suis acheté des Crocs, à Pucon, au Chili.
La première paire a duré 5 mois, jusqu'à Cusco, au Pérou. Il faut dire qu'à ce moment, j'avais encore des souliers pour alterner avec mes Crocs. Mais quand je me suis fait voler mes souliers (avec tout le reste) au Pérou en août, j'ai pris la décision de faire le reste du voyage en Crocs. La 2e paire a tout de même duré très longtemps, 5 mois encore une fois, soit jusqu'à Bogota, en Colombie, à la mi-décembre. Incroyable quand on pense que j'ai fait environ 300 km de randonnée sur sentiers avec, en plus de toute l'utilisation quotidienne!
Puis, ça s'est dégradé. À Bogota, j'ai fait l'acquisition, sous les pressions du vendeur, d'une paire de Crocs à double-épaisseur. Un gros 7 piastres et demie de gaspillé. Aussitôt que la première épaisseur de "semelle" a laché, la 2e a suivi, avec le résultat que pas plus tard qu'un mois après, j'ai déjà dû m'en procurer une autre paire, à Masaya, au Nicaragua. Et ces nouveaux Crocs? De la pure cochonnerie, que j'vous dis. Une petite semaine, UNE SEULE, que je les ai, et le dessous est percé. Bâtard.
Ma conclusion? J'ai maintenant la preuve scientifique, oui monsieur, qu'il existe des qualités variables de Crocs. Les Péruviens font les meilleurs (faut bien qu'ils fassent quelque chose de qualité, parce que leur force ne se situe définitivement pas au niveau des chargeurs de cellulaire et d'appareil photo...). Les Chiliens ne sont pas loin derrière. Les Colombiens font de la pacotille bas de gamme, et les Nicaraguéens devraient littéralement se faire interdire toute production de Crocs. Vous l'aurez lu ici: c'est comme dans le Protégez-vous.
Mais tout ça pour dire que nonobstant les problèmes de qualité variable, les Crocs, c'est génial. Tu peux les porter comme des sandales quand il fait chaud, avec des bas (blancs de préférence, à l'Ontarienne) quand il fait froid, à la plage (le sable peut ressortir par les tits trous), pour te baigner (l'eau ressort par les tits trous), etc. Et pour la randonnée dans la bouette, c'est tout aussi fantastique, parce qu'au retour, tu prends ta douche avec, tout redevient propre et c'est sec en-dedans de 15 minutes. Avouez que vous êtes convaincus!
Hein? Quoi? Vous vouliez aussi savoir ce qu'on a fait de notre dernier mois? Bon, brièvement, après notre traversée de la Colombie au Panama en avion, on a rapidement visité le Panama, étant donné qu'autant Mélina que moi y avons déjà habité, donc on connaît pas mal. On a fêté Noël à Boquete, au Panama, puis rapidement traversé le Costa Rica, qu'on connaissait pas mal aussi. Ça nous a emmené au Nicaragua, où on a célébré le nouvel an son des pétards à Castillo, sur les rives du rio San Juan. Ensuite, on a passé une petite semaine à Masaya, puis les parents de Mélina sont venus nous visiter pour 2 semaines. C'est donc dire qu'ils font actuellement une petite tournée des attraits du pays pendant que je me magasine des Crocs à Jinotega.
À chacun ses priorités!
Les Crocs
La "salle d'attente" de l'aéroport de Puerto Obaldia, Panama.
Notre avion: un 8 passagers.
Panama City.
Mélina traversant une rivière lors de notre randonnée vers La Culebra, où j'avais fait mon stage en 2004. Le sentier traverse la rivière 10 fois...sans pont!
À la Culebra, on a dormi dans nos hamacs à côté de l'école primaire, et il faisait frette en titi le matin!
Noël à Boquete.
Les indigènes sont descendus de leurs villages pour la distribution de cadeaux (gratuits) à Boquete.
Des tit-culs descendent les rapides en matelas de camping gonflable, rio San Juan, Nicaragua.
Rio San Juan, Nicaragua.









Et pour la rando? Ç'a de la grip, des Crocs?
RépondreSupprimerEille, Philippe, tu seras peut-être déçu (moi je l'étais, en tout cas)... Il y a des ski-doos au parc! J'ai pas eu le choix de passer ma dernière sortie de ski de fond à repenser à ton texte sur la rentabilité des parcs nationaux... À quand les vaches au Parc du Massif?
Salut "Anonymous" (je ne vois pas le nom de l'auteur du commentaire...),
SupprimerPour la "grip", disons que les crocs ne sont pas l'idéal, soit environ l'équivalent de souliers très usés. Mais je dirais que sur la boue/glaise mouillée des tropiques, grip ou pas, ça glisse!
Pour les ski-doo, oui, je suis au courant...héhé. J'ai beaucoup pensé au Parc du Massif du Sud en écrivant le blog sur les parcs, en effet. La différence, c'est que ce parc est un parc régional, et non national. Grosse différence, parce que c'est un parc "multi-usages": la coupe forestière, l'acéricilture, le quad, le ski-doo sont toutes des activités permises, comme la rando ou le ski de fond. Il y a aussi des propriétaires privés à l'intérieur du parc, donc très différent des parcs nationaux, qui ne permettent que certaines activités sélectionnées, er aucun propriétaire privé.
Maintenant, si on parle de mes préférences personnelles, je ne suis pas un fan de trop de mélange entre les activités motorisées, l'exploitation forestière et les activités de plein air plus classiques (rando, etc.). Je trouve que trop souvent, l'un nuit à l'autre. Mais...dans un parc régional, il faut faire avec! Donc non, les vaches au Parc régional du Massif du Sud, ce n'est pas impossible!