Los bichos

Valparaiso, 15 avril 2016
par Mélina
Je me rappelle notre première nuit de camping au Chili. Encore traumatisés de nos éternels combats avec les ratons-laveur de notre voyage en vélo de l'an passé sur la côte ouest américaine, on se prépare comme des soldats au front: Nourriture suspendue? Oui mon Caporal! Tente libérée d'odeur quelconque (dentifrice, savon, etc.)? Oui mon Caporal! Sacoches fermées et solidement attachées à la tente? Oui mon Caporal! Une nuit, sans bouchons, à attendre que se fassent entendre les bêtes...et rien. Même chose la deuxième, puis la troisième et toutes les nuits suivantes. On s'est donc résigné à croire que le Chili était un pays exempt de "bibittes".
Voici un hommage aux rares qu'on rencontra sur notre chemin plus tard (et à celles qu'on a pas vues mais qui existent!)
Les araignées, c'est pas ma passion. Je les ai en horreur, une phobie incurable. J'étais plutôt heureuse au Chili puisque durant les trois premiers mois, je ne m'étais pas trouvée en présence d'UNE seule! Jusqu'à ce qu'on arrive à Santa Cruz, pour notre mois au vignoble. Là, c'était le paradis, ou plutôt l'enfer! La région, de type désertique, aride, abrite des araignées assez voraces. Le nom "veuve noire" vous dit quelque chose? Cette petite araignée noire, magnifique avec son abdomen lustré et sa tache rouge, peut vous tuer d'une morsure! Rien de moins! J'ai eu la chance d'en voir deux spécimens dans notre salle de bain. 
Le nom, moins connu, d'araignée "violoniste" sonne une cloche? (Vous êtes un spécialiste si vous avez répondu affirmativement!) Cette araignée brune, avec une tache noire en forme de violon sur la tête, peut aussi vous tuer d'une morsure! Mais les cas sont rares (comme avec la veuve noire d'ailleurs...). Sauf que, avec cette dernière, si elle ne vous tue pas, elle vous laisse en bien piètre état! Sa morsure cause la mort de vos tissus (votre peau!) et vous vous retrouvez avec un trou noir sur le corps! J'en fais encore des cauchemars. Et puis, celle-à, j'en a vu des centaines. La maison en était infestée, et, comble de chance, les volontaires avant nous étaient des amis des araignées (qui, pouvez-vous me dire, a comme animal de compagnie une tarentule???), et se refusaient à les éliminer. Heureusement, aucun des deux spécimens n'est une araignée de chasse, agressive. Un bon ménage de la maison (qui a duré une semaine!) et une vérification en règle des draps avant le dodo nous a permis de rester en vie.
L'autre araignée que nous avons vue est la tarentule, ou plutôt la mygale rose du Chili. (Cri d'horreur!) Heureusement pour moi, je ne l'ai vu que morte sur le bord du chemin. Sinon, je vous assure, c'est moi qui serais morte. Même que Philippe en a vu deux, et j'étais déçue d'avoir manqué la première. J'ai regretté aussitôt en voyant le deuxième spécimen. J'en tremble encore.
L'autre insecte d'importance a avoir croisé notre chemin, et surtout le mien, ne s'est jamais fait voir. Elle est discrète et fait bien des dommages, elle se retrouve partout et non pas seulement au Chili et aime beaucoup les voyage, mais surtout les voyageurs. Vous avez trouvé? La punaise de lit! Cette petite coquine, pour être polie, nous a fait vivre (surtout en ce moment) bien des désagréments. Ma première fois fût à Chillan. Une petite razzia, deux à trois piqûres seulement sur toute la surface de mon corps. Précautions prises, c'est-à-dire bagages dans les sacs et rien qui traîne, on s'en ai tirés facilement, sans débordements. Cette fois, par contre, c'est l'apocalypse corporelle. Je me suis réveillée il y a quelques jours avec seize piqûres. Le lendemain, dix de plus. J'ai perdu le compte depuis! On a passé la chambre, les matelas, les oreillers, les draps, le plancher, les murs, alouette, au peigne fin et surtout à l'aspirateur. Rien, aucune trace, sauf pour les petites taches de sang sur les draps. Le seul indice qui nous pointe vers la punaise et non pas vers une réaction allergique de ma part à je-ne-sais-quoi! Rassurez-vous, je ne suis pas dans un état critique, à part les démengaisons et le sommeil agité (le lit me tente soudainement moins!) je me porte comme un charme. Et, le changement prochain de maison m'apporte un peu d'espoir!
Comme vous avez pu le constater, le Chili est plutôt relax du côté "bibittes".  La diversité se voit beaucoup plus dans la faune animalière et surtout la flore, tout simplement à couper le souffle (pour les fans de plantes on s'entend!)
On profite donc encore pour tout le mois d'avril et jusqu'à la mi-mai d'un port d'attache, un vrai port cette fois, à Valparaiso. Une ville grouillante de vie, de culture et de nourriture! On se cherchera peut-être un petit travail, ou autre chose pour nous occuper, pour se donner le temps de s'imprégner du Chili un peu plus. Et, avis aux intéressés, un aura un endroit à nous pour vous recevoir en visite (sans bibittes, promis!)
La plupart des photos sont tirées de l'Internet puisque les insectes étaient soit invisibles ou ne survivaient pas assez longtemps pour une photo! Et, sur la photo de mon corps meurtri, les piqûres sont accentuées à l'aide d'un stylo pour m'aider à tenir le compte des anciennes et nouvelles frappes!




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