Pep-talk

Cochrane, 9 de enero del 2016
par Mélina
Parfois dans la vie, il faut savoir s'arrêter. Se poser, respirer et en profiter pour prendre du recul sur les expériences vécues. C'est du moins ma façon de voir les choses. Et, quand je m'arrête, je le fais pour vrai.
C'est donc de mon hamac sous le cerisier, un Capuccino et un morceau de gâteau aux framboises dans l'estomac, que je m'épancherai, pendant que Philippe évacue son trop-plein d'enthousiasme sportif dans une randonnée en altitude de 9 heures.
Notre dernière entrée de blog faisait état de nos sentiments envers le Chili, les Chiliens et tout ce qui vient avec. Je ne recommencerai pas leur procès, mais permettez-moi de vous livrer ici un secret: Je déteste le Chili et ses chiliens. Voilà, c'est dit. Drastique vous me trouvez? Oui! Et pourtant, ce n'est pas tellement mon genre, n'est-ce pas? Je suis plutôt bonace et je vois le bon en tout et tous. Et bien, pas au Chili! Et, ça m'attriste. Je me permets donc une pause, pour transformer toute cette vision négative et me permettre d'apprécier réellement le Chili et ses habitants.
Je vous propose donc de me suivre alors que je fais ressortir les points positifs du voyage jusqu'à présent!
Le paysage
C'est probablement l'attrait #1 du pays! Depuis Santiago, on a vu changer le paysage, au rythme de nos coups de pédales. De la Vallée centrale, plutôt plane et chaude avec ses vignobles, en passant par la côte Pacifique, fraîche et avec des décors quasi-gaspésiens, puis par les vallons verdoyants de l'île de Chiloé et finalement par les fjords, les rivières turquoises et les lupins colorés avec en arrière-plan les pics enneigés de la Patagonie. Et il reste encore les stations balnéaires de la région de Valparaíso et le désert du Nord à voir!
Les empanadas et sopaipillas
《La gourmandise n'est pas un défaut pour qui voyage à vélo》. - Mélina Lévesque
Pour les non-initiés, voici une brève description de ces 2 mets typiques:
Empanadas: Genre de pâté croche de l'Isle-aux-Coudres ou encore grosse Pizza Pochette! Peut être à la viande, au fromage, au jambon ou encore aux pommes (il devient alors un chausson!). Les empanadas du Chili sont plus souvent cuits au four mais on en trouve aussi des frits, plus petits. Chaque ville ou village possède son stand ou sa panadería (boulangerie, terme utilisé ici de façon très commune pour désigner un commerce qui vend, ou non, du pain!). Tout droit sortis du four, les empanadas peuvent se manger à l'infini!
Sopaipillas: Traduction libre: Délice de pâte frite. La sopaipilla est une boule de pâte, entre le pain et la pizza, abaissée en un disque et ensuite frite à point. Elle se mange avec du ketchup et de la moutarde. Je vous entends d'ici: Ah ouin? Pas sûr...Oh que oui! La recette varie d'une région à l'autre, parfois avec de la courge, parfois sucrée, mais toujours aussi délicieux! C'est par contre plus difficile à trouver que son confrère l'empanada, puisque la sopaipilla ne peut pas être cuisinée à l'avance. Ça devient donc notre gâterie quand on en trouve! Selon Philippe, les meilleures proviendraient de la Reine des Sopaipillas à Coyhaique.
Les frutillas
Plus au Nord, dans la région agricole entre Rancagua et Temuco, on trouve les meilleures fraises de la terre. Un fruit rouge d'une saveur exquise, juteuse, sucrée. Un goût de fraises sauvages dans un fruit gros comme un abricot! Jamais je n'avais goûté de fraises aussi délicieuses, et vous non plus. Chaque jour qui passe, j'espère ardemment retourner dans la région pour me gaver.
Le camping sauvage
En Patagonie, il est devenu de plus en plus facile de trouver des endroits gratuits pour faire du camping. C'est une pratique répandue, quoique probablement en voie d'extinction puisque les sites payants semblent se multiplier rapidement. Les endroits sauvages existent encore tout de même, avec des points de vue sur les rivières turquoises et les sommets enneigés. Les lieux sont sécuritaires, même pour la plus angoissée des campeuses, et offre un accès à de l'eau de glacier, pour une baignade éclair et étancher la soif! Je dois dire aussi que nos premières expériences de camping chez les gens, plus au nord, nous ont amenées à faire de très belles rencontres, des gens qui nous ont accueillis comme de la famille, nous remerciant même de notre visite l'heure du départ venue!
L'Internet public
Le Gouvernement du Chili, dans la majorité des villes croisées, met à la disposition du public un réseau d'Internet gratuit sur la Place d'Armes de celle-ci. Ça peut sembler banal, mais essayez d'imaginer comment ça se révèle être un avantage, et une surprise, après avoir parcouru plus de 200 kilomètres sans croiser de villages, de tomber sur un réseau Internet gratuit et aussi efficace (et parfois même plus!) que dans une grande ville. Ça nous permet de rester connectés un peu, moi avec Facebook et Philippe avec son pool de hockey ;-)
La température
Bien qu'on ait passé un Noël sous la pluie à Chiloé, depuis notre départ pour la Carretera Austral, le 30 décembre, nous n'avons eu qu'une seule journée de pluie. Les derniers jours n'ont été que soleil et température clémente. J'ai enfin pu dénuder épaules et cuisses, et prendre des couleurs! Chaque jour qui passe avec le soleil, je me répète que nous avons réellement de la chance de l'avoir de notre côté pour les paysages, pour le confort en camping et surtout pour le moral!
Certes, il y a des irritants au Chili, et aux chiliens. Parfois, avec la fatigue de la route parcourue et les idées préconçues de comment les choses devraient être, ces irritants sont plus ou moins supportables. Quand ce sera le cas, je prenderai une crème glacée et je relirai ce petit texte, pour me rappeler que tout n'est pas que malheur dans ma petite vie de voyageuse!
Mise à jour du périple


Depuis notre dernière entrée de blog, on a parcouru la route de Dalcahue à Cochrane. On s'est d'abord rendu à Quellon pour prendre le traversier jusqu'à Puerto Chacabuco. Un voyage en mer d'environ 33 heures, sur des eaux plutôt calmes. On a défoncé l'année quelque part dans un fjord entouré de volcans. On est ensuite remonté en selle pour se diriger vers Coyhaique, Villa Cerro Castillo, Puerto Bertrand et finalement Cochrane. La dernière étape, un marathon d'environ 5 jours pour se rendre à Villa O'Higgins, la fin de la route, en passant par Caleta Tortel. Les derniers 250 kilomètres de la Carretera Austral, les plus sauvages et inhabités. 
En attendant un transfert de photos de nos derniers miles, voici un aperçu de notre épicerie pour les prochains jours, puisqu'on en trouvera pas avant Viloa O'Higgins. 


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